Témoignage
Raid quand tu me tiens !
Depuis un an, nous avions projeté de participer au raid celtique en Irlande.
Puis tout a été remis en question cet hiver quand j'ai appris que j'avais un
cancer au sein. Après 2 premières opérations en janvier en février, j'ai
continué d'espérer ce qui m'a permis de garder le moral. Quand j'ai subi la
mammectomie le 22 avril, je me suis dit que la vie ne serait plus comme avant et
que je ne pourrais pas partir en Irlande. Début juin, j'avais le moral au plus
bas et j'ai tenté de reprendre l'entraînement. Je me suis sentie tout de suite
mieux dans ma tête et dans mon corps. Je me suis lancé le défi de faire le raid
en marchant et de le terminer.
Ce serait une victoire sur la maladie.
Au moment du départ le 3 juillet, j'avais des craintes. A l'aéroport de
Beauvais, nous avons vite fait connaissance avec les membres du groupe. La bonne
ambiance a régné dès la journée d'acclimatation.
Est-ce à cause du faible nombre des participants ou du barbecue préparé par
Michel et Pierrot ?
C'est à partir du lundi que les difficultés commencent. La beauté des lieux me
fait vite oublier mes doutes. J'apprécie le calme du site, la vue des falaises
qui plongent dans la mer. Les paysages sont sublimes sous le soleil généreux.
Les étapes sont variées, bord de mer, montagnes, forêts, épineux. Les troupeaux
de vaches ou de moutons complètent le décor. Nous avons la chance de traverser
des charmants villages comme Eyries où les maisons sont colorées et fleuries.
Avec Christiane et Martine, mes compagnes de marche, je découvre la flore. Des
tapis de linaigrettes et d'orchidées sauvages jonchent le sol. Sur le "Kerry Way",
comme par magie des fuchsias nous font des haies d'honneur. Nous prenons le
temps de faire des photos comme sur le petit pont à 2 arches que les coureurs
ont foulé mais n'ont pas remarqué. Ils nous rattrapent en cours de route et à
chaque fois Karim nous tape dans la main.
Les ravitaillements sont bien organisés et animés par l'équipe de jeunes qui
nous encourage. Je n'ai jamais autant apprécié la soupe chaude et la vache qui
rit lors de la difficile montée vers les antennes. Dans nos conversations, nous
oublions parfois la rubalise posée par Jacques et son équipe. Que c'est
agréable, en rentrant, de se faire masser par Jean le kiné. Nos 3 médecins,
Claire, Pierre et Gilles sont toujours disponibles pour soigner nos petits
bobos. Le soir, nous oublions notre fatigue grâce à Marcello qui donne un
récital de guitare ou à Johan et Gwenola qui jouent de la bombarde. C'est la
fête quand nous mangeons du maquereau au barbecue pêché par les jeunes.
Valérie, notre intendante, nous accueille gentiment lorsque nous lui réclamons
du rab. Chrono en main, Philippe est toujours présent au moment du départ et de
l'arrivée parfois "tardive" des coureurs qui se sont égarés.
Si au fil des étapes, les concurrents ressentent de la fatigue, je me sens
pousser des ailes. Je suis obligée de réfréner mes envies de courir, étant
encore en convalescence. A la dernière étape, après avoir franchi le col de
Connor Pass, j'ai regardé en bas et je me suis dit que la maladie était derrière
moi. Personne n'a remarqué mes larmes de joie sous mes lunettes de soleil. J'ai
gagné mon pari, la vie redevient presque comme avant. Je suis prête physiquement
et moralement pour mon intervention de reconstruction prévue à l'automne. J'ai
une pensée
particulière pour Marie-Hélène et Jean qui se sont blessés au cours du raid, la
seule ombre au tableau.
Merci Paul ainsi qu'à ton équipe pour cette magnifique aventure et à tous les
instants de bonheur que j'ai connus.
Un grand merci aussi à Pierrot qui nous avait préparé un succulent repas pour la
dernière soirée.
A l'année prochaine en Norvège si la vie ne me joue pas de mauvais tours.
Irène DUNE
LA PRESSE EN PARLE :
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"JOGGING International
N°216 - Octobre 2002"
Article : "IRLANDE Premier raid celtique, Une
incontournable balade !
Texte : Antoine Pierson et Jean Philippe Vasseur
Photos : Paul Vilcot
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